Octobre – décembre 2015

Plasticien et réalisateur, chacun de ses talents nourrissant l’autre, Gilles Delmas sillonne le monde, de l’Australie au Japon, de l’Ecosse à la Méditerranée, en y promenant son regard d’artiste, à la fois politique et poétique …
Pour ‘’ mettre en œuvre’’ ce regard, il travaille aussi bien sur le film, la photographie ou encore le papier sur lequel il dessine les scénarios de scènes possibles ou imaginaires qui imprègnent ses films.
S’il n’hésite pas à témoigner du site de Fukushima, de l’état géopolitique du Bangladesh, de la vie des Aborigènes, s’il n’hésite pas à suivre la trace des flux migratoires en Méditerranée, l’oeuvre artistique de Gilles Delmas vient à la rencontre de sujets anthropologiques ,mais toujours de façon poétique…

 

Jigaishi est le titre choisi par Gilles Delmas pour son projet au 7.5 :

 

«  La conscience de soi s’exprime dans et par le sentiment de chacun, fut-il le plus humble, de participer à une œuvre collective »
Claude Levi Strauss

Ce titre qui évoque les fondements même de l’identité japonaise nous entraine bien au-delà, pour englober les cultures du monde entier… Ainsi, Le passeur des lieux, regard dansé sur les créations de Damien Jalet chorégraphe, danseur et performeur est un film tourné en Ecosse, au Japon, à Bruxelles, à Paris et à Bali.
Le spectateur découvrira un homme cerf, lien entre les dieux et les animaux, les cérémonies de transes balinaises à Dempasar et les rituels japonais des Yamabushis… . Ce film d’une heure présenté comme une performance est en cours du montage.
Les performances de Damien Jalet, sont aussi le sujet des photographies presentées aux titres de Bali avec Randang  et The ferryman.
Sur la Méditerranée, l’artiste a collecté des images devenues film en décembre 2013 « L’Héraclitus, le bateau noir ».
Ce film, expérience humaine de la mer, est relié par des textes sur la liberté, écrits et lus par de jeunes tunisiens du haut d’une colline ou du fond de la mer.
Les photographies, main tendue, tatouage emblématique, mer méditerranée abstraite et rocailleuse sous le regard photographique de l’artiste, sont autant d’images devenues brûlantes d’actualité… Cette proximité du réalisme et du poétique rend compte de l’univers particulier de Gilles Delmas.

Jamais, il ne montre le drame humain à la façon d’un reporter ou d’un anthropologue, mais c’est toujours son imaginaire, sa vision symbolique qui nourrit son regard. Il se nourrit aussi des croyances ancestrales de tous les peuples au devant desquels il va, et qui lui offre leur langage …
Ainsi, de l’Australie et de son voyage chez les aborigènes, et là encore ce sont leurs mots qui composent l’œuvre de l’artiste, il ramène L’Homme à la lune, L’Homme dans l’arbre, La Petite fille au requin en évoquant la vie de ce peuple en symbiose avec la terre, leur idée de l’âme, lorsque le corps et le végétal se mélangent… Entre les photos et les films s’intercalent des dessins.
Commencés pendant ses études cinématographiques, support de son imaginaire pour construire des scénarios, ses dessins sont devenus, derrière une forme simple et dépouillée, un véritable langage de signes qui accompagnent chacun des voyages de l’artiste: dessins aborigènes, dessins inspirés des lectures bouddhistes…

En regardant les œuvres de Gilles Delmas, on ne peut qu’être frappé, malgré les formes diverses, par l’unité de l’ensemble. Jamais l’artiste ne s’éloigne de sa trajectoire. Il ne cherche pas à tout prix la nouveauté formelle, car la richesse de son propos, la force de ses rencontres qui vont à l’essentiel de la vie, suffisent.

Jigaishi est donc un parcours où le soi devenu collectif (Japon) devient l’urgence du monde (Méditerranée) en lien étroit avec les croyances ancestrales de l’existence d’un grand tout indivisible (Australie- aborigènes).

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